
 Au nom des admirateurs de Fred Vargas, auteur du roman dont s’est inspiré l’auteur d’ Indochine, Judith exprimait naguère dans ces colonnes une certaine inquiétude a priori vis-à-vis du film. Nombre d’autres ont déploré un peu partout l’infidélité de l’adaptation. Quoi qu’il en soit, Régis Wargnier, cinéaste volontiers pompeux, a retrouvé une main plus légère, et réalisé un joli polar parisien.
A Paris, de nos jours, un crieur public, Joss Le Guern, donne lecture, au coin de la fontaine Stravinski, des messages qu’on lui confie moyennant un tarif très raisonnable. A plusieurs reprises, on glisse dans son urne des messages apocalyptiques rédigés dans une langue désuète. Ils attirent l’attention d’un vieil érudit, qui y reconnaît des annonces de la peste, et du commissaire Jean-Baptiste Adamsberg, un policier mélancolique abattu par une rupture sentimentale. Or on retrouve un cadavre qui présente les symptômes légendaires de la peste. Un premier cadavre… Adamsberg est un intuitif et, disais-je, un mélancolique ; non seulement parce que, comme on voit, sa vie amoureuse est en péril, mais par tempérament ; c’est un mélancolique au sens d’Aristote : un sombre rêveur, et un homme de génie ; il ne parvient jamais à connaître le nom de chacun de tous ses subordonnés, mais en revanche il est mû par des intuitions sensibles qui ne passent pas nécessairement par le raisonnement : voir le joli rôle que joue ici l’éclat d’un diamant. Mère de ce curieux personnage, Fred Vargas est un auteur dont les polars se distinguent par leur poésie et leur humour, mais pas nécessairement par leur vraisemblance. Non que ses intrigues ne tiennent pas debout, mais elle travaille elle-même à leur donner un aspect décousu et fantastique. Il ne faut donc pas s’étonner si cette adaptation elle-même procède à quelques raccourcis surprenants, succédant à des stases d’incompréhension : c’est le rythme même de la pensée d’un Adamsberg particulièrement perturbé. Malgré quelques afféteries très dispensables lorsque, selon les clichés du polar contemporain, il divulgue au spectateur quelques informations encore peu interprétables sur le coupable (noir et blanc, ralentis…), Régis Wargnier, qui n’est pas un humoriste, parvient à faire avancer son intrigue d’une façon tout à fait élégante. Son travail de caméra précis, parfois presque musical, basé sur des mouvements d’appareil qui révèlent toujours de nouveaux aspects de la situation, découpe un champ d’observation où José Garcia n’a plus qu’à jouer l’observateur, neutre, fermé, assez hitchcockien. Voir ce film après Jacquou est une leçon : il y a ici, un regard, même lorsque celui-ci se fait faussement neutre. De façon caractéristique, un certain nombre de personnages-clefs nous sont à peine présentés ; nous apprenons à les repérer, à reconstituer leurs histoires (aidés que nous sommes, certes, par le minois gillainesque). Au passage, Wargnier capture quelques tableaux convaincants du Paris actuel. Il s’agit donc essentiellement d’une atmosphère, de la construction d’une aura de mystère que la fin, cruelle, se chargera de dissiper (non sans proposer une échappée romanesque où l’on reconnaît la patte de Wargnier). Les voix des acteurs, comme désaccordées par leur timbre et par leur rythme, sont une faiblesse de la distribution, en termes classiques ; mais le flûtiau de Marie Gillain, le cuivre rauque d’Olivier Gourmet, le violoncelle flamand de Lucas Belvaux, le hautbois brisé de Michel Serrault apportent au film, au bout du compte, une touche d’étrangeté supplémentaire. LIENS INTERNET >> Site officiel >> Affiche du film >> Bande annonce :
FICHE TECHNIQUE Pays : France Durée : 1h55 Date de sortie: 24 janvier 2007 Scénario : Ariane Fert, Harriet Marin, Julien Rappeneau, Lawrence Shore, Régis Wargnier D’après le roman de : Fred Vargas Assistant réalisateur : George Every Production : Cyril Colbeau-Justin, Jean-Baptiste Dupont Décors : Olivier Radot Photographie : Laurent Dailland Son : Guillaume Sciama, Patrick Grisolet, Franco Piscopo Montage : Yann Malcor Effets visuels : Stéphane Bidault Musique : Patrick Doyle DISTRIBUTION Jean-Baptiste Adamsberg : José Garcia Hervé Decambrais : Michel Serrault Joss Le Guern : Olivier Gourmet Adrien Danglard : Lucas Belvaux Marie : Marie Gillain Damas : Nicolas Cazalé Camille : Linh Dan Pham Estalère : Marc Robert Eva : Sophie Aubry La grand-mère : Nadine Alari Avec aussi : Jean-Pierre Becker, Dominique Bettenfeld, Mathias Mlekuz Dans son propre rôle : Claire Chazal
|
Ok tant pis.Merci quand même de m'avoir ...
Nous ne sommes pas un site encyclopédiqu...
Jusuqe quand Fred Astair a-t-il fait des...
J'ai peur que Stephen Daldry ne lise [i]...
bonjour a tous sa va moi j'ai trouver vo...