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Présent au Festival de Cannes à la fois dans Le Scaphandre et le papillon de Julian Schnabel (Sélection officielle), Le Rêve de la nuit d’avant de Valeria Bruni-Tedeschi (Un Certain regard) et La Question humaine de Nicolas Klotz (à la Quinzaine des Réalisateurs), Mathieu Amalric est devenu l’un des acteurs les plus importants du cinéma français. A quoi ça tient, parfois…
Fils des journalistes Jacques
Amalric et Nicole Zand, enfant de Neuilly et khâgneux, Mathieu Amalric ne se
destinait pas à la carrière d’acteur. Une apparition dans Les Favoris de la lune de Otar Iosseliani le détermine cependant à
travailler dans le cinéma : il
devient assistant — il est stagiaire sur Au revoir les enfants de Louis Malle (1987) — et même cantinier. Il sait
toutefois faire naître, chez les cinéastes qui l’emploient, le désir de le
filmer. Outre Otar Iosseliani, qui lui donne régulièrement des petits rôles, Arnaud Desplechin, qui avait déjà fait
passer son condisciple Emmanuel Salinger devant la caméra, lui fait tourner la
scène de la dissection dans La Sentinelle,
avant de lui confier le rôle principal de Comment
je me suis disputé…, qui le révèle et lui vaut son premier César, celui du
meilleur espoir. L’Histoire aimant repasser les plats, il obtiendra celui du
meilleur acteur pour Rois et reines.
Dans Comment je me suis disputé…, Mathieu Amalric impose une étonnante
dégaine d’anti-héros, une bouille ébouriffée, lunaire, une présence évidente et
naturelle qui donnent un poids immédiat aux situations parfois loufoques où le
place Desplechin. La force essentielle d’Amalric acteur, inentamée dix ans plus
tard, est d’avoir toujours l’air de
tomber de la lune, d’être là par hasard, d’incarner le personnage parce
qu’il faut bien que quelqu’un le fasse. Mathieu Amalric est entré en poussant la
porte, c’est le voisin d’en face, le beau-frère immédiat du spectateur. On l’a
toujours connu, ou du moins on voudrait le connaître mieux. Comme il est chargé
de cours à l’Université dans Comment je
me suis disputé…, son emploi fut tout de suite fixé dans les films où il
tient le rôle principal : jusqu’au Scaphandre
et le papillon inclus (où il rédige en chef Elle), il est l’Intellectuel Parisien — ses rôles sont souvent
beaucoup plus variés lorsqu’ils sont secondaires. C’est que Mathieu Amalric est
de taille à faire sympathiser un spectateur charentais aux fortes racines
paysannes avec un intellectuel parisien. Il travaille avec des auteurs souvent
exigeants, régulièrement issus (Serge Le Péron, Olivier Assayas, Jean-Henri
Roger, Luc Moullet) de la mouvance des Cahiers
du cinéma, et fut souvent associé à l’écran à Jeanne Balibar (qui
partageait alors sa vie) en un couple souvent drolatique, notamment dans le
très beau Fin août, début septembre
d’Olivier Assayas.
Dans Le Scaphandre et le papillon, Mathieu Amalric est d’abord, pour le
spectateur, une voix off, en raison du dispositif en caméra subjective imposé,
au début du film, par Julian Schnabel. On y retrouve sa qualité d’étonnement presque kafkaïenne : se réveillant à
l’hôpital, son Jean-Dominique Bauby tâche de comprendre ce qui se passe, sans
dramatiser, de même que le Gregor Samsa de La
Métamorphose ne se rendait pas compte qu’il était devenu un insecte.
Lorsque le point de vue change, on découvre Amalric défiguré, en quadragénaire
grabataire, instantanément et définitivement crédible, dans ce qui est
évidemment, y compris sur le plan technique, une performance d’acteur. Doté
désormais de l’expérience d’un grand
professionnel sans avoir rien perdu de sa fraîcheur, Mathieu Amalric a tous
les atouts pour nous étonner encore.
FILMOGRAPHIE SELECTIVE - Comédien
2007
Michou d’Auber de
Thomas Gilou
Le Scaphandre et le papillon de Julian
Schnabel
2006
Marie-Antoinette de
Sofia Coppola
Quand j’étais chanteur de Xavier
Giannoli
Fragments sur la grâce de Vincent
Dieutre
Le Grand appartement de Pascal Thomas
2005
Munich de Steven
Spielberg
La Moustache de Emmanuel Carrère
J’ai vu tuer Ben Barka de Serge Le
Péron
2004
Rois et reines de
Arnaud Desplechin
Le Pont des arts de Eugène Green
2003
Un homme, un vrai de
Arnaud et Jean-Marie Larrieu
Inquiétudes de Gilles Bourdos
Mes enfants ne sont pas comme les autres
de Denis Dercourt
2002
Lundi matin de Otar
Iosseliani
Les Naufragés de la D17 de Luc Moullet
C’est le bouquet ! de Jeanne
Labrune
Lulu de Jean-Henri Roger
2001
Zaïde, un petit air de
vengeance de Josée Dayan (TV)
Amour d’enfance de Yves Caumon
2000
La Fausse suivante de
Benoît Jacquot
L’Affaire Marcorelle de Serge Le Péron
La Brèche de Roland de Arnaud et
Jean-Marie Larrieu
1999
Trois ponts sur la rivière
de Jean-Claude Biette (avec J.B.)
Adieu, plancher des vaches ! de
Otar Iosseliani
1998
Dieu seul me voit de
Bruno Podalydès
Fin août, début septembre de Olivier
Assayas
Alice et Martin de André Téchiné
On a très peu d’amis de Sylvain Monod
1997
Généalogies d’un crime
de Raùl Ruiz
1996
Comment je me suis
disputé… (ma vie sexuelle) de Arnaud Desplechin
Le Journal du séducteur de Danièle
Dubroux
1995
Tom est tout seul de
Fabien Onteniente
1994
Lettre pour L… de
Romain Goupil
1992
La Sentinelle de
Arnaud Desplechin
La Chasse aux papillons de Otar
Iosseliani
1984
Les Favoris de la lune
de Otar Iosseliani
FILMOGRAPHIE SELECTIVE - Cinéaste (longs-métrages)
2003
La Chose publique
(téléfilm)
2001
Le Stade de Wimbledon
1997
Mange ta soupe
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Ok tant pis.Merci quand même de m'avoir ...
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