Deux sortes de films se
consacrent à des personnages travestis : ceux qui veulent caricaturer
l’homosexualité, de La Cage aux folles
à Pédale douce, et ceux qui y voient
le moyen de s’interroger sur l’identité et l’individualité. Certains l’aiment chaud est de ces
derniers. Ce qui ne l’empêche pas d’être hilarant.
L’intrigue commence à Chicago en
1929, pendant la prohibition ; mais un gag rappelle aussi que c’est
l’année du krach boursier, de la fin d’un certain optimisme. Jerry et Joe, deux
jazzmen, jouent dans un tripot clandestin qui fait l’objet d’une descente de
police. Obligés de chercher un nouvel emploi, ils assistent par hasard au
massacre de la Saint-Valentin et doivent fuir la mafia qui veut éliminer ces
témoins gênants. Ils acceptent alors un emploi dans un orchestre qui part en
tournée en Floride. Un orchestre exclusivement féminin.
Le film est, dans ses premiers et
derniers quarts d’heure, un excellent pastiche
des films de gangsters des années 1930, qui romançaient la figure d’Al
Capone, de Scarface (de Howard Hawks)
à Little Caesar de Mervin LeRoy (ici,
un personnage s’appelle Little Bonaparte !). Tourné en noir et blanc,
choix, paraît-il, fait à la dernière minute pour que les maquillages de Tony
Curtis et Jack Lemmon n’apparaissent pas trop verdâtres, Certains l’aiment chaud y gagne évidemment une ambiance visuelle
plus proche des originaux. La présence de George Raft, qui était du film de
Hawks, accentue le pastiche, d’autant que Wilder lui fait morigéner un jeune
insolent qui reprend son jeu légendaire avec une pièce de monnaie.
Mais si le film a choisi cette
époque, comme un spectateur du ciné-club l’a très astucieusement fait
remarquer, c’est parce qu’elle permet à Wilder de se livrer à une série d’éblouissantes variations sur la
dissimulation. Dès la première scène, le faux plafond d’un corbillard
dissimule des mitraillettes, et le cercueil se révèle rempli de bouteilles de
whisky. Rien d’étonnant dès lors à ce que les protagonistes, Jerry et Joe,
passent la plus grande partie du film sous les défroques de Geraldine et
Daphne. A l’inverse, la fondante Sugar Kane, vedette de la troupe, est
absolument incapable de dissimulation, ce qui ne cesse de lui jouer des tours puisque
même la bouteille d’alcool qu’elle dissimule dans sa jarretière la trahit.
Marilyn Monroe, qui travaillait pour la seconde fois avec Wilder après Sept ans de réflexion, mais de façon,
semble-t-il, nettement plus conflictuelle, donne au personnage sa propre
fragilité et sa propre angoisse, qui transparaissent derrière les bourdes de la
fausse écervelée.
Pendant la plus grande partie du
film, l’intrigue criminelle est donc mise en veilleuse, et fait place à un marivaudage délirant et parfois
d’une crudité tout à fait étonnante pour le Hollywood des années 1950. Wilder
parvient à une tension extraordinaire, et extraordinairement comique, entre la
vulgarité revendiquée de ce qu’il montre et l’élégance de sa façon de le
montrer. Ainsi, les rideaux des couchettes du train déterminent des surcadrages
mouvants, avant que l’une d’entre elles ne se transforme en cabine des Marx
Brothers… et s’y promènent des jeunes femmes en sous-vêtements de nuit, que
Wilder ne craint pas de montrer penchées en avant, la tête dans leur couchette,
le reste de leur personne seul visible. Le résultat est sans pitié pour la
pauvre humanité.
Jerry et
Joe vivent leur travesti de façon extrêmement différente. Pour le second, se
déguiser permet de disparaître — c’est d’ailleurs la justification de leur
fuite, — et les vêtements féminins sont une sorte d’équivalent de l’anneau de
Gygès. Envahi par un sentiment de
toute-puissance, Joe accumule les identités différentes, au prix de courses
éperdues et d’escalades de la façade de l’hôtel. Pour séduire Sugar, il
s’invente un personnage de milliardaire excentrique qui correspond à tous les
fantasmes de la jeune femme : il n’a pas encore compris, comme l’affirme
l’authentique milliardaire Osgood Fielding à la fin du film, que « personne n’est parfait ». Au
contraire, pour Jerry, l’habit fait le moine. C’est lui qui a le plus de mal,
au début, à tenir le déguisement : sa fausse poitrine ne cesse de se
déchirer, il fait des faux pas dans ses chaussures à talons hauts et surtout,
au contact de ses nouvelles collègues, il est plus ou moins atteint de
priapisme. Petit à petit, Jerry se
confond avec son personnage, au point d’accepter plus qu’il n’est
nécessaire les avances de Fielding (d’où l’adorable scène finale). Si le
comportement a une telle influence, qui sommes-nous, au fond ? Le
personnage le plus burlesque est donc probablement le plus sérieux et le plus
profond. Jack Lemmon, histrion génial, et Tony Curtis, savoureux et qui trouve
ici son meilleur rôle, mettent en abyme leur propre métier de comédiens pour
mieux explorer les mystères de nos identités sociales.
Pays : Etats-Unis
Titre original : Some like it hot
Durée : 2h
Date de sortie : 9
septembre 1959
Scénario : Billy
Wilder, I.A.L. Diamond, Michael Logan, Robert Thoeren
Assistant réalisateur : Sam Nelson
Production : Billy
Wilder, I.A.L Diamond, Doane Harrison
Décors : Ted
Haworth
Photographie : Charles
Lang Son : Fred Lau
Montage :
Arthur P. Schmidt
Musique :
Adolph Deutsch
DISTRIBUTION
Jerry
« Daphne » : Jack Lemmon
Joe
« Josephine » : Tony
Curtis
Sugar
Kane Kowalczyk : Marilyn Monroe
Colombo-les-Guêtres :
George Raft
Osgood
Fielding III : Joe E. Brown
Mulligan :
Pat O’Brien
Little
Bonaparte : Nehemiah Persoff
Un
gangster : Mike Mazurki
Dolores :
Beverly Wills
Johnny
Paradise : Edward G. Robinson jr.
Ok tant pis.Merci quand même de m'avoir ...
Nous ne sommes pas un site encyclopédiqu...
Jusuqe quand Fred Astair a-t-il fait des...
J'ai peur que Stephen Daldry ne lise [i]...
bonjour a tous sa va moi j'ai trouver vo...