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Luigi Comencini (1916-2007)
Écrit par Etienne   
06-05-2007

Insaisissable Comencini ! Poète de l’enfance et auteur d’un énième Don Camillo, cinéaste commercial et maestro respecté, architecte, conservateur et critique, il est l’auteur d’un parcours libre et modeste, mais ô combien précieux, dans le cinéma italien de l’après-guerre. Il s’est éteint le 6 avril 2007.

Luigi Comencini (1916-2007) Après des études d’architecture, Luigi Comencini, déjà passionné de cinéma (il avait réalisé, dès les années 1930, des courts-métrages documentaires), fut le cofondateur, avec Alberto Lattuada, de la Cinémathèque italienne. Devenu ensuite critique de cinéma, il tourna en 1948 son premier court-métrage, un drame, De nouveaux hommes sont nés. Il a ensuite l’occasion de diriger Totò dans L’Imperatore di Capri, premier pas dans la voie qui lui vaudra ses premiers succès : la comédie. Avec Pain, amour et fantaisie suivi de Pain, amour et jalousie, dont Gina Lollobrigida et Vittorio de Sica sont les vedettes, Luigi Comencini devient l’un des artisans les plus renommés de la comédie à l’italienne. Le genre lui doit des classiques comme La Grande pagaille ou L’Argent de la vieille.

Jusqu’à sa retraite, Comencini continuera à tourner à un rythme élevé, voire très élevé, des films caractéristiques de ce courant, qui mêle observation sociale, dans la lignée du néo-réalisme, et stylisation comique issue de la tradition du théâtre italien. Comme on le voit, son parcours, qui le rapproche en France d’un Georges Franju ou d’un Eric Rohmer, ne l’a pas déterminé à imposer une voie strictement personnelle ; en artisan consciencieux, il a attendu l’occasion de développer les thèmes, les idées, l’esthétique qui lui tenaient le plus à cœur.

Dès ses premiers essais documentaires, Comencini avait manifesté un grand intérêt pour l’enfance que, dans la lignée des grands pédagogues du début du siècle, il percevait comme essentiellement victime de la répression des adultes et de leur ordre moral artificiel. C’est avec L’Incompris qu’il a l’occasion de consacrer tout un film à ses idées sur l’éducation. Cette histoire émeut l’Europe entière et établit définitivement la réputation de son auteur.  Trois ans plus tard, il détourne le sujet (fort commercial) de Casanova de façon moins spectaculaire mais tout aussi radicale que ne le fera Fellini, en s’attachant exclusivement aux jeunes années du mémorialiste, pour en faire le récit d’une éducation sociale et sentimentale. Enfin, 1972 est l’année de Pinocchio, œuvre visionnaire en ce qu’elle tire le meilleur parti du cadre télévisuel pour lequel elle a été conçue. Réduites par la suite en un long-métrage ( !) de cinéma, Les Aventures de Pinocchio sont d’abord un feuilleton de six fois une heure, à la durée dilatée par la forme choisie, et un hymne à la liberté du petit héros, qui semble faire plier toutes les contraintes dramaturgiques. Dans une Italie pauvre et terrienne, où même la féerie est très matérielle, les courses du petit Pinocchio, accompagnées d’une magnifique ritournelle de Fiorenzo Carpi, sont inoubliables. C’est de la même veine que relèvent, parmi les derniers films du cinéaste, Un Enfant de Calabre et Marcellino, qui encadrent le film-opéra La Bohême (dont la commande souligne le statut de maestro obtenu par Comencini) et Joyeux Noël, bonne année !, comédie douce-amère sur le thème du vieillissement.

Luigi Comencini était également le père des cinéastes Cristina et Francesca Comencini.

FILMOGRAPHIE SELECTIVE

1991    Marcellino
1989    Joyeux Noël, bonne année !
1988    La Bohême
1987    Un enfant de Calabre
1986    La Storia (téléfilm)
1985    Les Belles années (téléfilm)
1982    L’Imposteur
            Le Mariage de Catherine (téléfilm)
1980    Eugenio
1979    Le Grand embouteillage
1978    Mesdames et messieurs, bonsoir !
            Qui a tué le chat ?

1976    L’Equivoco (sketch de Basta chè non si sappia in giro !)
            La Femme du dimanche
            L’Ascensore (sketch de La Fiancée de l’évêque)
1974    Un vrai crime d’amour
            Mon Dieu, comment suis-je tombée si bas ?
1972    L’Argent de la vieille
            Les Aventures de Pinocchio

1969    Casanova, un adolescent à Venise
            Senza sapere niente di lei
1968    Les Russes ne boiront pas de Coca-Cola !
1966    L’Incompris
1965    Don Camillo en Russie
            Le Partage de Catherine
            Traité d’eugénisme (sketch de Les Poupées)
1964    Eritrea (sketch de La Mia signora
            Fattebenefratelli (sketch de Tre notti d’amore)
1963    La Ragazza
1962    Il Commissario
1961    A cheval sur le tigre
1960    La Grande pagaille
1959    Und das am Montagmorgen
            Le Sorprese dell’amore
1958    Mogli pericolose
1957    Mariti in città
1956    Tu es mon fils
1955    La Belle de Rome
1954    Pain, amour et jalousie
1953    Pain, amour et fantaisie
            La Traite des blanches
            La Valigia dei sogni
1952    Heidi
1950    Les Volets clos
1949    L’Imperatore di Capri
1948    De nouveaux hommes sont nés

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