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Insaisissable Comencini !
Poète de l’enfance et auteur d’un énième Don
Camillo, cinéaste commercial et maestro
respecté, architecte, conservateur et critique, il est l’auteur d’un parcours
libre et modeste, mais ô combien précieux, dans le cinéma italien de
l’après-guerre. Il s’est éteint le 6 avril 2007.
Après des études d’architecture,
Luigi Comencini, déjà passionné de cinéma (il avait réalisé, dès les années
1930, des courts-métrages documentaires), fut le cofondateur, avec Alberto Lattuada, de la Cinémathèque italienne.
Devenu ensuite critique de cinéma, il tourna en 1948 son premier court-métrage,
un drame, De nouveaux hommes sont nés.
Il a ensuite l’occasion de diriger Totò dans L’Imperatore di Capri, premier pas dans la voie qui lui vaudra ses premiers succès : la comédie. Avec Pain, amour et fantaisie suivi de Pain, amour et jalousie, dont Gina
Lollobrigida et Vittorio de Sica sont les vedettes, Luigi Comencini devient
l’un des artisans les plus renommés de la comédie à l’italienne. Le genre lui
doit des classiques comme La Grande
pagaille ou L’Argent de la vieille.
Jusqu’à sa retraite, Comencini
continuera à tourner à un rythme élevé, voire très élevé, des films
caractéristiques de ce courant, qui mêle observation sociale, dans la lignée du
néo-réalisme, et stylisation comique issue de la tradition du théâtre italien.
Comme on le voit, son parcours, qui le rapproche en France d’un Georges Franju
ou d’un Eric Rohmer, ne l’a pas déterminé à imposer une voie strictement
personnelle ; en artisan consciencieux, il a attendu l’occasion de développer
les thèmes, les idées, l’esthétique qui lui tenaient le plus à cœur.
Dès ses premiers essais
documentaires, Comencini avait manifesté un grand intérêt pour l’enfance que, dans la lignée des grands
pédagogues du début du siècle, il percevait comme essentiellement victime de la répression des adultes et de
leur ordre moral artificiel. C’est avec L’Incompris
qu’il a l’occasion de consacrer tout un film à ses idées sur l’éducation. Cette
histoire émeut l’Europe entière et établit définitivement la réputation de son
auteur. Trois ans plus tard, il détourne
le sujet (fort commercial) de Casanova
de façon moins spectaculaire mais tout aussi radicale que ne le fera Fellini,
en s’attachant exclusivement aux jeunes années du mémorialiste, pour en faire
le récit d’une éducation sociale et sentimentale. Enfin, 1972 est l’année de Pinocchio, œuvre visionnaire en ce
qu’elle tire le meilleur parti du cadre télévisuel pour lequel elle a été
conçue. Réduites par la suite en un long-métrage ( !) de cinéma, Les Aventures de Pinocchio sont d’abord
un feuilleton de six fois une heure, à la durée dilatée par la forme choisie,
et un hymne à la liberté du petit héros,
qui semble faire plier toutes les contraintes dramaturgiques. Dans une Italie
pauvre et terrienne, où même la féerie est très matérielle, les courses du
petit Pinocchio, accompagnées d’une magnifique ritournelle de Fiorenzo Carpi,
sont inoubliables. C’est de la même veine que relèvent, parmi les derniers
films du cinéaste, Un Enfant de Calabre
et Marcellino, qui encadrent le
film-opéra La Bohême (dont la
commande souligne le statut de maestro
obtenu par Comencini) et Joyeux Noël,
bonne année !, comédie douce-amère sur le thème du vieillissement.
Luigi Comencini était également
le père des cinéastes Cristina et Francesca Comencini.
FILMOGRAPHIE SELECTIVE
1991 Marcellino
1989 Joyeux Noël, bonne
année !
1988 La Bohême
1987 Un enfant de Calabre
1986 La Storia (téléfilm)
1985 Les Belles années (téléfilm)
1982 L’Imposteur
Le Mariage de Catherine (téléfilm)
1980 Eugenio
1979 Le Grand embouteillage
1978 Mesdames et messieurs,
bonsoir !
Qui a tué le
chat ?
1976 L’Equivoco (sketch de Basta chè non si sappia in giro !)
La Femme du dimanche
L’Ascensore (sketch de La Fiancée de l’évêque)
1974 Un vrai crime d’amour
Mon Dieu, comment suis-je tombée si
bas ?
1972 L’Argent de la vieille
Les Aventures de
Pinocchio
1969 Casanova, un adolescent à
Venise
Senza sapere niente di lei
1968 Les Russes ne boiront pas
de Coca-Cola !
1966 L’Incompris
1965 Don Camillo en Russie
Le Partage de Catherine
Traité d’eugénisme (sketch de Les Poupées)
1964 Eritrea (sketch de La Mia signora
Fattebenefratelli (sketch de Tre notti d’amore)
1963 La Ragazza
1962 Il Commissario
1961 A cheval sur le tigre
1960 La Grande pagaille
1959 Und das am Montagmorgen
Le Sorprese dell’amore
1958 Mogli pericolose
1957 Mariti in città
1956 Tu es mon fils
1955 La Belle de Rome
1954 Pain, amour et jalousie
1953 Pain, amour et fantaisie
La Traite des blanches
La Valigia dei sogni
1952 Heidi
1950 Les Volets clos
1949 L’Imperatore di Capri
1948 De nouveaux hommes sont
nés
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