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La mort de Michel Serrault, le 29
juillet dernier, a beaucoup marqué, et fait de la peine à un grand nombre de
cinéphiles : voici trois décennies, en effet, qu’il était reconnu à sa
juste valeur : celle d’un immense acteur. Ce n’était pourtant, nous
l’avons presque oublié, pas gagné d’avance.
 Né dans ce qui n’était pas encore
la grande banlieue parisienne, à Brunoy, Michel Serrault, qui fut toute sa vie
un chrétien fervent (ce qui lui permit, déclara-t-il, de supporter la mort de
sa fille Caroline dans un accident de la route, en 1977), envisagea, durant son
adolescence, une vocation ecclésiastique, dont ses maîtres du petit séminaire
surent le détourner pour notre plus grand plaisir. Après son apprentissage de
comédien, il forme à partir de 1952 un
duo avec Jean Poiret au cabaret puis au théâtre, parallèlement à sa
participation à la troupe des Branquignols menée par Robert Dhéry, en compagnie
de qui il fait sa première apparition au cinéma, en 1954, dans Ah ! les belles bacchantes !
Suivent des années de seconds rôles dans des films souvent de second ordre, le
tout-venant de la comédie à l’exception d’ Assassins
et voleurs de Sacha Guitry, où le vieux maître mourant a l’audace de
confier les rôles principaux à Poiret et Serrault, alors quasiment inconnus.
Petit à petit l’oiseau fait son
nid : Serrault, qui travaille avec acharnement, devient un comédien
populaire grâce aux dizaines de films
parfois absolument navrants qu’il tourne dans les années 1960, souvent en
compagnie de Poiret (nous avons largement expurgé sa filmographie en ne
laissant que quelques échantillons). Petit à petit quelques compagnonnages
s’esquissent, notamment avec Jean-Pierre Mocky (auquel il sera toujours
fidèle). C’est au début des années 1970 qu’il devient une véritable vedette,
grâce au Viager de son ami Pierre
Tchernia, où il interprète (à quarante-quatre ans !) un vieux bonhomme
increvable, et au triomphe absolu, au théâtre, de La Cage aux folles de son ami Jean Poiret, où il joue le travesti Zaza
Napoli, contraint de se détravestir…
C’est à la fin des années 1970
que le talent de Michel Serrault explose, à la télévision dans d’adorables
adaptations de Marcel Aymé dues à la caméra de Tchernia, au cinéma avec
l’adaptation par Edouard Molinaro de La Cage aux folles, qui lui vaut son
premier César du meilleur acteur, et enfin avec l’intuition admirable de
Christian de Chalonge (L’Argent des
autres) et de Bertrand Blier (Préparez
vos mouchoirs et Buffet froid),
qui ont su voir l’étrangeté troublante et la vérité humaine que Serrault
apportait à ses rôles les plus clownesques. Pile
ou face de Robert Enrico (1980) est son premier grand rôle sur le registre
sérieux.
Suit une quinzaine d’années
admirables, où Serrault brille de tous ses feux dans tous les registres qu’il a
su aborder, des comédies délirantes de Jean Yanne aux rôles sombres et inquiétants que lui confient Claude Chabrol,
Claude Miller (un deuxième César pour Garde
à vue) ou Christian de Chalonge, en passant par les nuances et l’humour
exigés par le rôle de Monsieur Arnaud, double autobiographique de Claude Sautet
(troisième César) ou par celui du vieil amoureux de Joyeux Noël, bonne année ! de Luigi Comencini. Il obtient son
plus grand succès critique personnel dans le rôle du Docteur Petiot, sous la direction de Christian de Chalonge. Dans ce
qui est peut-être effectivement son meilleur rôle, Serrault allie la fantaisie
carnavalesque qui convient au style expressionniste du cinéaste, et la
sincérité familière, et donc terriblement inquiétante, qu’il donne au fameux
tueur en série.
Les derniers rôles flamboyants
arrivent en 1997, dans Artemisia
d’Agnès Merlet, Rien ne va plus,
retrouvailles sur le mode comique avec Claude Chabrol, ou le tueur sans
scrupules d’Assassin(s) de Mathieu
Kassovitz. Par la suite, Michel Serrault, au cinéma, interprètera plus souvent
qu’à son tour des vieillards-bougons-au-grand-cœur,
registre où il excellait, et qui lui a permis de soutenir de jeunes cinéastes,
mais qui a fait regretter la diversité incroyable des années précédentes.
2007 Pars vite et reviens tard
de Régis Wargnier
2006 Les Enfants du pays de
Pierre Javaux
Le Bénévole de Jean-Pierre Mocky
2005 Joyeux Noël ! de
Christian Carion
Grabuge ! de Jean-Pierre Mocky
2004 Ne quittez pas !
de Arthur Joffé
2003 L’Affaire Dominici de
Pierre Boutron (TV)
Le Furet de Jean-Pierre Mocky
2002 24 heures de la vie d’une
femme de Laurent Bouhnik
Le Papillon de Philippe Muyl
2001 Un cœur oublié de
Philippe Monnier (TV)
Une hirondelle a fait le printemps de
Christian Carion
Belphégor, le fantôme du Louvre de
Jean-Paul Salomé
2000 Le Monde de Marty de
Denis Bardiau
Les Acteurs de Bertrand Blier
Le Libertin de Gabriel Aghion
1999 Les Enfants du marais
de Jean Becker
1997 Artemisia de Agnès Merlet
Le Comédien de Christian de Chalonge
Rien ne va plus de Claude Chabrol
Assassin(s) de Mathieu Kassovitz
1996 Beaumarchais l’insolent
de Edouard Molinaro
1995 Nelly et M. Arnaud de
Claude Sautet
Le Bonheur est dans le pré de Etienne
Chatiliez
1994 Bonsoir de Jean-Pierre
Mocky
1992 Vieille canaille de
Gérard Jourd’hui
Room service de Georges Lautner
Ville à vendre de Jean-Pierre Mocky
1991 L’Huissier de Pierre
Tchernia (TV)
Héloïse de Pierre Tchernia (TV)
La Vieille qui marchait dans la mer de
Laurent Heynemann
1990 Docteur Petiot de
Christian de Chalonge
1989 Joyeux Noël, Bonne
Année ! de Luigi Comencini
Comédie d’amour de Jean-Pierre Rawson
1988 Bonjour l’angoisse de
Pierre Tchernia
En toute innocence de Alain Jessua
Ne réveillez pas un flic qui dort de
José Pinheiro
1987 Le Miraculé de
Jean-Pierre Mocky
Ennemis intimes de Denis Amar
1986 Mon beau-frère a tué ma
sœur de Jacques Rouffio
1985 On ne meurt que deux fois
de Jacques Deray
La Cage aux folles 3 — ‘Elles’ se marient
de Georges Lautner
Liberté, égalité, choucroute ! de
Jean Yanne
Les Rois du gags de Claude Zidi
1984 A mort l’arbitre de
Jean-Pierre Mocky
Le Bon plaisir de Francis Girod
Le Bon roi Dagobert de Dino Risi
1983 Mortelle randonnée de
Claude Miller
1982 Les Fantômes du chapelier
de Claude Chabrol
Les Quarantièmes rugissants de
Christian de Chalonge
Deux heures moins le quart avant
Jésus-Christ de Jean Yanne
1981 Malevil de Christian
de Chalonge
Garde à vue de Claude Miller
1980 Pile ou face de Robert
Enrico
La Cage aux folles II de Edouard
Molinaro
1979 Buffet froid de
Bertrand Blier
La Gueule de l’autre de Pierre Tchernia
1978 La Grâce de Pierre
Tchernia (TV)
L’Argent des autres de Christian de
Chalonge
La Cage aux folles de Edouard Molinaro
Préparez vos mouchoirs de Bertrand
Blier
1977 Le Passe-muraille de
Pierre Tchernia (TV)
Le Roi des bricoleurs de Jean-Pierre
Mocky
1975 L’Ibis rouge de
Jean-Pierre Mocky
Opération Lady Marlène de Robert
Lamoureux
1974 Les Gaspards de Pierre
Tchernia
La Main à couper d’Etienne Périer
Un linceul n’a pas de poches de
Jean-Pierre Mocky
Les Chinois à Paris de Jean Yanne
1973 Moi y en a vouloir des
sous de Jean Yanne
Le Grand bazar de Claude Zidi
1972 Le Viager de Pierre
Tchernia
Tout le monde il est beau, tout le monde il
est gentil de Jean Yanne
Un meurtre est un meurtre de Etienne
Périer
1970 Le Cri du cormoran, le
soir au-dessus des jonques de Michel Audiard
La Liberté en croupe de Edouard
Molinaro
1969 Mais qu’est-ce qui fait
courir les crocodiles ? de Jacques Poitrenaud
Appelez-moi Mathilde de Pierre Mondy
1968 A tout casser de John
Berry
1967 Les Compagnons de la
Marguerite de Jean-Pierre Mocky
1966 Le Roi de cœur de
Philippe de Broca
1965 Quand passent les faisans
de Edouard Molinaro
La Bonne occase de Michel Drach
Cent briques et des tuiles de Pierre
Grimblat
La Tête du client de Jacques Poitrenaud
Moi et les hommes de quarante ans de
Jack Pinoteau
1964 La Chasse à l’homme de
Edouard Molinaro
Jaloux comme un tigre de Darry Cowl
Des pissenlits par la racine de Georges
Lautner
Les Durs à cuire, ou Comment supprimer
son prochain sans perdre l’appétit de Jack Pinoteau
1963 Comment trouvez-vous ma
sœur ? de Michel Boisrond
Carambolages de Marcel Bluwal
Bébert et l’omnibus de Yves Robert
1962 La Gamberge de Norbert
Carbonnaux
Le Repos du guerrier de Roger Vadim
Comment réussir en amour de Michel
Boisrond
1961 La Belle américaine de
Robert Dhéry et Pierre Tchernia
1960 Le Divorce de
Christian-Jaque (sketch de La Française
et l’amour)
Candide ou l’optimisme au XXe siècle de
Norbert Carbonnaux
1959 Oh ! qué mambo !
de John Berry
Messieurs les ronds-de-cuir de Henri
Diamant-Berger
1958 Musée Grévin de
Jacques Demy (c.m.)
Le Naïf aux quarante enfants de
Philippe Agostini
1957 Assassins et voleurs
de Sacha Guitry
1956 La Vie est belle de
Roger-Pierre et Jean-Marc Thibault
Cette sacrée gamine de Michel Boisrond
1954 Les Diaboliques de
Henri-Georges Clouzot
Ah ! les belles bacchantes !
de Jean Loubignac
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Ok tant pis.Merci quand même de m'avoir ...
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