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A peine
un entrefilet dans Le Monde pour
saluer Jane Wyman qui vient de mourir, le 10 septembre ? Certes moins
populaire en France qu’aux Etats-Unis, et associée à l’un des films les plus
fragiles d’Hitchcock (1), Le Grand alibi,
elle n’en reste pas moins une figure importante de l’Hollywood de l’âge d’or.
 De son vrai nom Sarah Jane
Mayfield, orpheline ballottée entre la Californie et le Missouri, Jane Wyman
débuta comme chanteuse à la radio. Ce sont donc des emplois de « girl » dans des comédies musicales qui
constituent ses débuts, encore anonymes, à Hollywood où, très jeune encore,
elle ment sur sa date de naissance pour se faire engager. Dirigée par des
cinéastes prestigieux pour ses tout premiers films, elle cachetonne ensuite
dans des films de deuxième catégorie pour la Warner Bros. qui l’a engagée sous
contrat. Il n’y a qu’à voir sa filmographie pléthorique pour l’année 1936.
C’est l’année suivante qu’elle figure pour la première fois au générique d’un
film dans un rôle à peu près consistant, et sous le nom de Jane Wyman. Elle
tient les premiers rôles dans des courts-métrages, puis des séries B de double
programme comme Public wedding de
Nick Grinde et d’autres films de cinéastes bien oubliés comme Noel M. Smith,
Lewis Seiler, Ray Enright…
Mais le travail finit par payer,
et la notoriété de Jane Wyman grandit au
début des années 1940, qui la voient intégrer progressivement le star system et les productions de
prestige. C’est The Lost week-end de
Billy Wilder qui en fait une véritable vedette. Elle tourne alors avec Cary
Grant ou Gregory Peck sous la direction de Michael Curtiz ou Raoul Walsh.
Considérée en raison de ses
débuts comme une actrice de comédie, Jane Wyman a aussi figuré dans plusieurs
westerns, un physique relativement discret la recommandant pour des rôles
d’américaine moyenne. Mais en la distribuant dans un film noir, Wilder lui
avait permis de montrer son talent pour la composition et sa sensibilité
dramatique. Ce sont ces qualités qui lui valent l’Oscar de la meilleure actrice pour un rôle de sourde-muette (sans
une ligne de dialogue donc !) dans Johnny
Belinda de Jean Negulesco, et de figurer dans Le Grand alibi, précisément dans le rôle d’une actrice qui utilise
son talent pour approcher une inquiétante femme fatale (jouée, elle, par
Marlene Dietrich dans la tradition des héroïnes hitchcockiennes). Enfin, Jane
Wyman est, face à Rock Hudson, l’héroïne de deux des plus beaux films de
Douglas Sirk, Le Secret magnifique et
Tout ce que le ciel permet.
A partir du milieu des années
1950, toutefois, elle s’égara à la télévision, où elle eut même la
responsabilité d’une série télévisée qui lui était toute dévouée. Elle tourna
dans un bref téléfilm de John Ford, mais sur le plan de l’intérêt artistique,
sa carrière était terminée. Elle évolua tranquillement comme guest star d’une série télévisée à
l’autre, avant la dernière grande étape de sa carrière : le rôle central
du soap opera Falcon Crest, qu’elle
tint pendant près de dix ans malgré des ennuis de santé. Ceci dit Falcon Crest relève plus du musée des
Arts et traditions populaires que de l’histoire du cinéma…
Jane Wyman avait été un temps
mariée à Ronald Reagan, rencontré sur le tournage de Brother rat de William Keighley.
(1) J’ai dit fragile, pas
mauvais. (Note à l’adresse des hitchcockiens fanatiques, pour qu’ils ne rayent
pas la mienne de leur carnet).
1993 The Visitor de
Victoria Hochberg (épisode de la série télévisée Dr. Quinn, femme
médecin)
1981 Falcon crest, série
télévisée (jusqu’en 1990)
1980 Another time, another
place (épisode de la série télévisée The
Love boat)
To see an angel die de Dennis Donnelly (épisode de la série
télévisée Drôles de dames)
1979 The Incredible journey of doctor Meg Laurel de Guy Green (TV)
1974 The Desertion of Keith Ryder de Harry Falk (épisode de la série
télévisée Owen Marshall : counselor
at law)
1973 And other things I may not see (épisode de The Bold ones : the new doctors)
Amanda Fallon de James Lairs (TV)
1972 If I should die before I wake de Bernard Girard (épisode de la
série télévisée The Sixth sense)
Discovery at fourteen (épisode de la série télévisée The Bold ones : the new doctors)
1971 The Failing of Raymond de Boris Sagal (TV)
1970 The Hermit (épisode de Insight)
1969 How to commit marriage de Norman Panama
1967 Who does allow good men to suffer ? (épisode de la série
télévisée Insight)
1966 When hell froze (épisode de la série télévisée Bob Hope presents the Crystal theatre)
1964 The Younger generation (épisode de la série télévisée The Bell telephone hour)
1962 Bon voyage ! de James Nelson
The Wagon train mutiny (épisode de Wagon train)
1961 Death leaves a tip de Joseph H. Lewis (épisode de la série
télévisée The Investigators)
1960 Pollyanna de David
Swift
Lady on the brink de Frank Arrigo
(épisode de la série télévisée Checkmate)
Dr. Kate (épisode de la série télévisée
Westinghouse Desilu playhouse)
1959 Holiday for lovers de
Henry Levin
A deadly guest (épisode de la série
télévisée Lux playhouse)
1958 The Doctor Willoughby
story de Allen H. Miner (épisode de la série télévisée
Wagon train)
1956 Miracle in the rain de
Rudolph Maté
1955 Lucy Gallant de Robert
Parrish
Jane Wyman presents The Fireside theatre
(série télévisée)
The Bamboo cross de John Ford (TV)
Tout ce que le ciel permet de Douglas
Sirk
1954 Le Secret magnifique
de Douglas Sirk
Amelia (épisode de General Electric Theater, série télévisée)
Summer Playhouse de Robert Ellis Miller
et Philip Rapp (TV)
1953 Let’s do it again de
Alexander Hall
So big de Robert Wise
1952 The story of Will Rogers
de Michael Curtiz
Just for you de Elliott Nugent
1951 Three guys named Mike
de Charles Walters
Here comes the groom de Frank Capra
La Femme au voile bleu de Curtis
Bernhardt et Busby Berkeley
1950 Le Grand alibi de
Alfred Hitchcock
La Ménagerie de verre de Irving Rapper
1949 A kiss in the dark de
Delmer Daves
The lady takes a sailor de Michael
Curtiz
1948 Johnny Belinda, l’enfant
du silence de Jean Negulesco
1947 Cheyenne de Raoul
Walsh
Magic town de William Wellman
1946 One more tomorrow de
Peter Godfrey
Jody et le faon de Clarence Brown
Night and day de Michael Curtiz
1945 Le Poison de Billy
Wilder
1944 Make your own bed de
Peter Godfrey
The Doughgirls de James V. Kern
Crime by night de William Clemens
1943 Princess O’Rourke de
Norman Krasna
1942 Larceny, inc. de Lloyd
Bacon
Footlight serenade de Gregory Ratoff
Mon espion favori de Tay Garnett
1941 Lune de miel à trois
de Lloyd Bacon
Bad men of Missouri de Ray Enright
The Body disappears de D. Ross Lederman
You’re in the army now de Lewis Seiler
1940 Brother rat and a baby
de Ray Enright
Alice in movieland de Jean Negulesco
(c.m.)
Tugboat Annie sails again de Lewis
Seiler
Flight angels de Lewis Seiler
My love came back de Curtis Bernhardt
Gambling on the high seas de George Amy
An angel from Texas de Ray Enright
1939 Private detective de
Noel M. Smith
Kid nightingale de George Amy
Torchy Blane… playing with dynamite de
Noel M. Smith
Tail spin de Roy del Ruth
The Kid from Kokomo de Lewis Seiler
1938 Brother rat de William
Keighley
The spy ring de Joseph H. Lewis
The Crowd roars de Richard Thorpe
Wide open faces de Kurt Neumann
Fools for scandal de Mervyn LeRoy et
Bobby Connolly
He couldn’t say no de Lewis Seiler
1937 Mr. Dodd takes the air
de Alfred E. Green
Over the goal de Noel M. Smith
Little pioneer de Bobby Connolly (c.m.)
Public wedding de Nick Grinde
Gold diggers of 1937 de Busby Berkeley
et Lloyd Bacon
The Singing marine de Ray Enright
The King and the chorus girl de Norman
Krasna et Groucho Marx
Slim de Ray Enright
Smart blonde de Frank McDonald
Ready, willing and able de Ray Enright
1936 Bengal Tiger de Louis
King
Polo Joe de William C. McGann
Here comes Carter de William Clemens
Mon homme Godfrey de Gregory LaCava
Stage struck de Busby Berkeley
Cain and Mabel de Lloyd Bacon
The Sunday round-up de William Clemens
King of burlesque de Stanley Lanfield
Anything goes de Lewis Milestone
1935 Rumba de Marion Gering
George White’s 1935 Scandals de George
White
Stolen Harmony de Alfred L. Werker
1934 Tous les chevaux du roi
de Frank Tuttle
College rhythm de Norman Taurog
1933 Elmer the great de
Mervyn LeRoy
1932 The Kid from Spain de
Leo McCarey
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